Emmanuel Petit
Associé-Gérant, Responsable de la Gestion Obligataire

Après une première baisse de taux début juin, largement anticipée, la BCE continue de marteler qu’elle reste “data-dependent”. L’environnement macroéconomique incertain laisse donc planer le doute sur les décisions à venir. L’augmentation du risque politique, engendré par la dissolution de l’Assemblée nationale française est une nouvelle variable dont les investisseurs tiennent désormais compte. Cet événement politique inattendu a provoqué de légers remous dont la contagion au niveau européen s’est avéré modérée. Si le spread OAT-Bund s'est élargi de 35 points de base (pdb) pour atteindre 82 pdb le 27 juin dernier1, son plus haut niveau en absolu depuis 2012, le niveau des taux français n’a en réalité que peu évolué.
Aux États-Unis, les marchés anticipent presque trois baisses de taux d’ici la fin de l’année, dont une dès le mois de septembre2. Quatre nouvelles baisses sont également envisagées l’année prochaine. Si une première nous paraît envisageable en septembre, l’ampleur du cycle d’assouplissement monétaire nous paraît en revanche sujet à débat, compte tenu de la persistance de l’inflation dans le secteur des services et du risque de rebond du côté des biens. Le marché de l’emploi s’essouffle progressivement mais est encore loin d’un niveau récessionniste. Les publications de données macroéconomiques (rapports sur l'emploi, inflation CPI3 et PCE4) avant la réunion de septembre prochain seront donc décisives dans les orientations futures de la banque centrale américaine.
Le résultat de l’élection présidentielle américaine, qui aura lieu en novembre prochain, sera probablement déterminant pour la trajectoire de l’inflation américaine. En dépit de toutes les nouvelles incertitudes qu’entraîne le retrait de Joe Biden de la course à l’investiture, Donald Trump reste, pour l’heure, grand favori des sondages. Or, son programme cumule les mesures aux effets inflationnistes (droit de douane de 60 % sur toutes les importations chinoises et droit de douane universel de 10 % sur toutes les importations, arrêt de l’immigration illégale, abrogation de l’Inflation Reduction Act et prolongation des réductions d’impôts arrivant à échéance)5 et leur mise en œuvre pourrait rendre difficile un retour de l’inflation à la cible de 2 %. Un assouplissement de la politique monétaire de la Fed dans les mois à venir deviendrait alors hautement improbable.
Ce deuxième trimestre 2024 a été marqué par un resserrement significatif des taux entre les pays, notamment entre des États-Unis, dont l’économie décélère, et une Europe en stagnation. En début de trimestre, la différence de taux entre le 10 ans allemand et le 10 ans américain avait atteint son plus haut niveau depuis 2019, à 220 pdb, avant de se compresser fortement pour atteindre 170 pdb mi-juillet1. Néanmoins, le taux réel américain reste bien au-dessus de l’estimation du taux neutre de long terme de la Fed et offre donc plus de valeur que les obligations allemandes.
Sur le marché du crédit européen, les primes de risque se sont réduites d’une trentaine de pdb pour l'Investment Grade6 et d’environ de 80 pdb pour le High Yield7. Toutefois, dans l’absolu, les rendements demeurent intéressants, notamment sur l’Investment Grade. Les émissions sur le marché primaire restent importantes Les refinancements de dette se sont accélérés et les émetteurs de moins bonne qualité parviennent à se refinancer sans difficulté particulière. Les investisseurs continuent notamment de manifester leur appétence pour la dette High Yield, traduisant une recherche de rendement dans un marché qui se rapproche de ses niveaux de prix les plus élevés historiquement.
Nous privilégions une gestion « tactique » avec une sélection d’obligations de bonne qualité, en évitant les parties longues des courbes de taux. Nous souhaitons nous prémunir face au risque de pentification qui pourrait se matérialiser avec une réappréciation des anticipations d’inflation et/ou des primes de terme. La compression des primes de risque nous incite à améliorer la qualité de crédit des portefeuilles. Dans ce contexte, nous maintenons le même positionnement sélectif qu'au cours des derniers mois, en réduisant l'exposition au bêta8 grâce à l'amélioration des notations, en favorisant les émetteurs non cycliques par rapport aux émetteurs cycliques, ainsi que la dette senior par rapport à la dette subordonnée et en achetant des CDS pour couvrir les portefeuilles.
R-co Target 2027 HY est un fonds crédit reposant sur une stratégie de portage des obligations jusqu’à maturité, investi dans des obligations de qualité High Yield (7) libellées en euro Cette stratégie de type “buy and hold” s’appuie sur une sélection de titres dont l’échéance moyenne est comprise entre janvier et décembre 2027. Reposant sur les mêmes principes de gestion, R-co Target 2029 IG investit quant à lui, dans des obligations de toutes zones géographiques de qualité Investment Grade (6) libellées en euro. L’échéance des titres sélectionnés se situe entre janvier et décembre 2029. La période de commercialisation de ces deux fonds s’étendra jusqu’au 31 décembre 2024.
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