Yoann Ignatiew
Associé-Gérant, Responsable de la gestion actions internationales et diversifiée
Fruit d’une double expertise, R-co Valor 4Change Global Equity permet d’investir dans les marchés d’actions internationaux en s’affranchissant des biais géographiques, sectoriels ou de style tout en respectant des critères d’investissement socialement responsable. Yoann Ignatiew et Anthony Bailly nous présentent ce nouveau fonds.
Il s’agit d’un fonds d’actions internationales qui regroupe deux de nos expertises de gestion, Valor pour la partie actions internationales et 4Change pour la dimension ESG[1] et son prisme européen. Le portefeuille a été créé avec la volonté d’être aligné sur les principaux standards européens en matière d’intégration ESG, notamment en ce qui concerne le choix des valeurs. Notre sélection de titres a vocation à nous permettre de battre notre indice de référence, le MSCI ACWI, en termes de performance tout en obtenant une note ESG globale supérieure à la sienne.
Dans l’univers des fonds actions ESG, on remarque un fort biais “croissance” lié à l’approche “best in class” mise en œuvre dans la plupart d’entre eux. Cette approche revient à sélectionner les titres bénéficiant des meilleures notes ESG et il s’avère qu’ils sont très majoritairement catégorisés comme des valeurs de “croissance[2]”. Avec R-co Valor 4Change Global Equity, nous avons clairement la volonté de nous affranchir de tout biais de style pour adopter une gestion purement opportuniste, dite “Carte Blanche”, reposant sur nos propres convictions. Ainsi, nous nous laissons la possibilité d’investir dans des sociétés, quel que soit leur zone géographique ou leur secteur, du moment qu’elles sont en ligne avec nos objectifs de performance financière et ESG.
Si R-co Valor 4change Global Equity dispose de son identité propre, celle-ci s’avère, de par les influences croisées de ses deux gestionnaires, à mi-chemin entre nos stratégies Valor et 4Change. Nous disposons ainsi d’une double expertise qui s’exprime au travers d’approches complémentaires. Ce fonds s’inscrit dans l’esprit Valor, nous incitant à nous octroyer une grande liberté dans notre gestion en faisant preuve d’opportunisme sur l’ensemble des marchés d’actions internationaux. Il s’imprègne également de notre expertise 4Change, reposant sur des processus ISR exigeants et une connaissance approfondie des marchés européens, zone au sein de laquelle ces critères sont particulièrement assimilés par les sociétés. Néanmoins, R-co Valor 4Change Global Equity est un fonds à part entière et non le duplicata d’un portefeuille préexistant auquel nous aurions décidé d’appliquer des filtres ESG.
L’analyse ESG et l’analyse financière ont autant d’importance au sein de notre processus. Nous recherchons donc le couple performance financière-ESG le plus attrayant. En ce sens, nous n’investissons pas dans des entreprises avec des notes ESG rédhibitoires, au même titre que si leur performance financière ne nous paraît pas suffisante.
Cette note est la synthèse des notes des titres dans lesquelles nous investissons, repondérées en fonction de leur poids au sein du portefeuille. Pour cela, nous nous appuyons sur les analyses et notations de notre prestataire, MSCI ESG Research. Ce dernier effectue une analyse fondamentale et quantitative des sociétés à partir de données publiques, de rapports annuels ou exceptionnels (suite à une controverse ou à une évolution de la gouvernance, par exemple), d’études approfondies de la gouvernance ainsi que de l’exposition au risque des sociétés, mais aussi de benchmarks permettant de comparer les acteurs au sein de leurs secteurs. Pour chacun d’entre eux, sont identifiés entre 3 et 8 critères permettant de calculer une note en absolu et en relatif. La note finale est donc une moyenne des notes obtenues sur chaque pilier (environnement, social, gouvernance), rebalancée en fonction du secteur. Elle est ensuite retranscrite dans un classement s’échelonnant de AAA pour les meilleures, à CCC pour les moins bonnes. Au-delà de ces analyses nos équipes vont chercher à étudier des éléments qui ne sont pas nécessairement pris en compte par MSCI mais néanmoins communiqués par les sociétés et qui permettent d’avoir une idée plus fine de leur situation et de leur trajectoire.
Nous prêtons effectivement une attention particulière à la trajectoire des entreprises et à leurs engagements à faire évoluer leurs pratiques pour une meilleure prise en compte des dimensions ESG, cependant, si la note ESG est insuffisante nous nous interdirons d’investir. Les échanges fréquents que nous entretenons avec les équipes dirigeantes nous permettent de juger de la cohérence de leurs objectifs à court, moyen et long terme, de la motivation dont ils font preuve et de l’avancement sur ces sujets.
Nous pratiquons les exclusions réglementaires (armes controversées, sanctions internationales, etc.) ainsi que des exclusions liées à nos politiques Groupe (principes fondamentaux et charbon thermique). Ensuite, nous excluons à hauteur de 20% les entreprises les moins bien notées sur la base des critères ESG, ainsi que les secteurs controversés, tels que le tabac ou encore l’armement. Néanmoins, l’ESG est souvent réduit à son pilier environnemental. Nous avons la volonté de prendre en compte certaines dimensions parfois négligées, notamment le pilier social, même si cet aspect n’est pas le plus évident à suivre. En effet, les sociétés ne communiquent pas de manière uniforme sur le sujet et ce dernier ne se traduit pas nécessairement par des données chiffrées.
Aussi, nous pensons qu’il serait trop facile d’exclure d’emblée certains secteurs considérés comme peu vertueux. Nombre d’entre eux constituent des maillons essentiels de notre économie. À titre d’exemple, il serait compliqué de se passer de l’extraction d’un certain nombre de matières premières. Exclure automatiquement ces secteurs, revient donc à détourner les yeux du problème. L’approche que nous avons développée consiste à nous engager dans un processus de transition. En tant qu’actionnaire, nous nous offrons la possibilité d’instaurer un dialogue avec les équipes dirigeantes avec la volonté de pousser les entreprises vers des modèles économiques plus durables en les incitant à faire évoluer leurs pratiques.
Afin d’être le plus transparent possible, nous effectuons des reportings détaillés sur les dimensions ESG de nos investissements. Nous avons défini des indicateurs de performance ESG clés (KPI) avec la volonté d’en surperformer, a minima, deux par rapport à notre indice de référence. Ils portent sur l’intensité carbone, la consommation d’eau, la sécurité de l’information, la mise en place de politiques détaillées contre la corruption, mais également sur le fait que les sociétés soient signataires ou non du Pacte mondial[3]. Ils ont été déterminés en fonction des convictions et l’équipe de gestion et sont liés à de grands enjeux de nos sociétés. Toutefois, ces dimensions n’éclipsent en aucun cas les autres, nous y prêtons simplement une attention particulière et nous engageons à communiquer régulièrement dessus.
Actuellement, le fonds se démarque de son indice de référence par une surpondération des secteurs de la finance, de l’industrie et des matières premières, généralement sous-représentés dans les fonds ESG. L’Europe constitue la première exposition géographique, pour un peu moins de la moitié de l’allocation, suivie par les États-Unis, la Chine, puis le Canada. Ce positionnement nous permet de nous émanciper des biais sectoriels et de style fréquemment liés à ce type de stratégie.
[1] Environnemental, Social et de Gouvernance. [2] Les valeurs de croissance disposent d’un potentiel croissance de leur chiffre d’affaires et des résultats supérieur à leur secteur ou à la moyenne du marché La composition du fonds peut s’écarter de la répartition de l’indice. [3] Le Pacte Mondial (UN Global Compact) est un cadre d’engagement volontaire piloté par les Nations Unies. Les signataires s’engagent à respecter dix principes fondamentaux ayant trait aux enjeux de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Cet engagement pousse notamment les sociétés à promouvoir et respecter les Droits de l’Homme, à respecter les normes internationales du travail, à lutter contre la corruption et à protéger l’environnement.