Anthony Bailly
Responsable de la Gestion Actions Européennes

En juin, les marchés actions ont poursuivi leur rebond, soutenus par la détente géopolitique au Moyen-Orient après l’annonce d’un accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran. La perspective d’une normalisation des flux pétroliers a entraîné un net repli du Brent, en baisse de plus de 20 % sur le mois. Le contexte macroéconomique est toutefois resté marqué par des tensions inflationnistes persistantes, conduisant la Fed et la BCE à maintenir une posture monétaire prudente. Dans cet environnement, le MSCI World (+1,4 %) et le S&P 500 (+1,3 %)1 ont progressé, portés à la fois par l’apaisement géopolitique et par la thématique toujours porteuse de l’intelligence artificielle. L’Euro Stoxx (+3,7 %)1 a davantage bénéficié de la baisse des prix de l’énergie et de l’atténuation des risques géopolitiques. La Technologie (+10,5 %) a nettement surperformé, tirée par les semi-conducteurs, tandis que l’Énergie (-4,3 %) et les Matières premières (-10,5 %) ont souffert d’un environnement de prix moins favorable1. Enfin, les Télécommunications (-10,5 %) ont fait l’objet de prises de bénéfices, les investisseurs demeurants préoccupés par certains risques spécifiques aux entreprises du secteur1.
La poursuite de la surperformance des semi-conducteurs a continué de soutenir le style Croissance , en hausse de +4,5 %1, tandis que le style Value3 surperformait légèrement l’indice avec une progression de +3.9 %1. Dans ce contexte, la prime de valorisation de la Croissance par rapport à la Value demeurait élevée, à 73 %1 en fin de mois. Selon nous, la normalisation progressive de cette prime, engagée depuis le changement de paradigme sur les taux d’intérêt — dans un environnement durablement marqué par des taux plus élevés — devrait se poursuivre, compte tenu des besoins d’investissement importants et du niveau élevé des déficits publics au sein des économies développées.
Le fonds R-co Conviction Equity Value Euro a progressé de +0,8 % au mois de juin4. L’effet d’allocation a été globalement neutre : la sous-exposition à la Technologie a constitué un frein, compensé par la surpondération bancaire — les banques de la zone euro ayant progressé de +7,5 % sur le mois — ainsi que par la sous-pondération à l’Énergie, secteur en recul de -4,3 %1. L’effet de sélection a en revanche pesé sur la performance. La forte progression d’ASML (+24 %), compte tenu de son poids important dans l’Euro Stoxx, désormais à 8,6 %1, a représenté plus de la moitié de cet impact négatif. Le solde s’explique principalement par la faiblesse de certaines de nos convictions, notamment Deutsche Telekom (-17,4 %) et Heidelberg Materials (-12,5 %)1. Nous considérons toutefois ces mouvements comme ponctuels et sans remise en cause de notre thèse d’investissement de long terme. Nous avons ainsi profité de ces replis pour renforcer ces positions en portefeuille.
Au cours du mois de juin, nous avons initié une position sur SAP afin de profiter d’une valorisation que nous jugeons désormais attractive, au regard de la solidité de son modèle économique, de l’étendue de sa base clients et de sa capacité à tirer parti du développement de l’intelligence artificielle, plutôt qu’à en subir les effets de rupture. Dans la même logique contrariante, nous avons également renforcé nos positions en Capgemini et Publicis. Ces mouvements ont notamment été financés par des prises de bénéfices partielles sur les valeurs bancaires, ainsi que sur BASF, dont les facteurs de soutien liés aux risques de fermeture du détroit d’Ormuz nous semblent désormais moins présents. Nous avons également allégé notre position en Siemens, après la forte progression du titre au cours des trois derniers mois (+37,7 %)1.
Notre scénario central repose sur le maintien d’une relative stabilité géopolitique à l’approche des élections américaines de mi-mandat, tandis que la détente des prix de l’énergie devrait contribuer à alléger les pressions inflationnistes. Dans cet environnement, les marchés actions européens nous semblent conserver un potentiel de progression. À horizon du second semestre 2026, nous continuons ainsi de privilégier un scénario de reprise graduelle du cycle industriel européen, soutenu par les plans d’investissement engagés dans la zone et par une amélioration progressive des indicateurs macroéconomiques, après un deuxième trimestre ayant pesé sur la confiance des agents économiques.