Anthony Bailly
Responsable de la Gestion Actions Européennes

Après la forte progression lors du premier trimestre 2024, les marchés actions ont consolidé sur le mois d’avril. Le MSCI World affiche un repli de 2,6 % et le S&P 500 de 3,0 %1. La baisse sur l’Eurostoxx était d’une ampleur plus limitée à -1,9 %. Cette baisse des indices reflète à la fois la prise en compte par le marché d’un scénario moins agressif sur les baisses de taux à venir et du retour des tensions géopolitiques. Cette configuration profitait au secteur pétrolier (+4,8 %), avec un Brent qui touchait un point haut depuis le début de l’année, à 91$ le baril, avant de revenir sous les 88$ en fin de mois1. Le secteur bancaire (+3,5 %) profitait lui du rebond des taux1. Les secteurs de la distribution (-6,3 %) et de l’automobile (-5,8 %) étaient les plus impactés, principalement en raison de publications décevantes1.
La réaccélération de l’inflation outre-Atlantique a donc conduit les investisseurs à revoir de nouveau le nombre de baisses de taux attendues cette année (plus qu’une désormais), validant le scénario de taux « higher for longer2 » de la Fed. Ceci a conduit à la poursuite de la surperformance du style value3 entamée au mois de mars. Sur le mois d’avril, en Zone euro, ce dernier surperformait en effet le style croissance4 de +4,3 %, ramenant sa sous-performance depuis le début de l’année à -2,2 %5. Malgré ce retournement de tendance depuis deux mois, l’écart de valorisation entre les deux styles reste très marqué : 9.5x en P/E6 pour le style value (proche de ses points bas historiques) et 21.6x pour le style croissance (proche de ses plus hauts historiques et ce malgré le rebond des taux)7 .
R-co Conviction Equity Value Euro limite son repli à -0,5 % sur le mois, surperformant son indice de référence de près de 140 points de base8. Cette surperformance s’explique largement par la surexposition du fonds aux secteurs de l’énergie et des banques et sa sous-exposition au secteur de la technologie qui a souffert de la hausse des taux. Dans une moindre mesure le fonds a également bénéficié d’une sélection de titres favorable dans les secteurs des médias (Prosieben) et de la santé (Sanofi), partiellement compensée par la performance décevante d’Arcelor Mittal dans le secteur des matières premières sur le mois.
En termes de mouvements, nous avons poursuivi le renforcement de notre position sur Forvia en début de mois, convaincus que l’amélioration opérationnelle du Groupe n’était pas reflétée dans la valorisation. Nous avons également continué à renforcer notre position sur Technip Energies au sein du secteur pétrolier. La dynamique de croissance reste très porteuse pour le Groupe et, par ailleurs, les équipementiers pétroliers nous paraissent actuellement offrir plus de potentiel d’appréciation. Nous avons, par ailleurs, pris des bénéfices sur deux titres qui ont nettement surperformé au cours des derniers mois : Inditex et Wienerberger.
La forte rotation en faveur du style croissance en début d’année s’est donc inversée depuis deux mois. Le style value a profité d’un niveau de taux supérieur aux anticipations des investisseurs, et de données macroéconomiques confirmant l’inflexion de la croissance en Europe. Ce scénario redonne de l’attrait au Vieux continent et, en particulier, aux secteurs cycliques value dont les valorisations ne reflètent pas ce scénario de reprise. Cette situation a permis aux secteurs bancaire et pétrolier, auxquels nous restons surpondérés, d’être moteur de ce rebond. Nous restons, en revanche, toujours à l’écart des secteurs de croissance toujours richement valorisés, ce qui nous paraît incompatible avec le niveau actuel des taux réels et avec une dynamique négative sur les révisions bénéficiaires de ces secteurs, contrairement aux secteurs value.