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Point de gestion – R-co Conviction Equity Value Euro

Focus Fonds  —  11/02/2022

Anthony Bailly

Responsable de la Gestion Actions Européennes

Vincent Iméneuraët

Gestionnaire Actions Européennes

Avec sept séances de variation supérieures à 1%, les marchés européens ont été marqués en janvier par un fort regain de volatilité et d’inquiétudes.

En cause, la publication des minutes du FOMC(1) qui ont laissé apparaître un ton plus “hawkish(2)” de la Fed, une inflation qui a continué à s’accélérer aux États-Unis (CPI(3) 7,0%(4)) et en Zone euro (CPI 5,0%(4)), la crise ukrainienne et ses conséquences géopolitiques mais aussi énergétiques et, dans une moindre mesure, les élections italiennes. Dans ce contexte de nervosité et malgré l’amélioration de la situation sanitaire dans les pays développés, l’Euro Stoxx dividendes réinvestis a reculé de -3,7%(4) sur le mois de janvier.

Ceci s’est traduit sur le plan obligataire par de forts mouvements sur les taux souverains, notamment via la composante des taux réels : le taux à 10 ans américain et le Bund(5) gagnaient respectivement 26 points de base (pdb) et 19 pdb, le Bund retrouvant même un territoire positif pour la première fois depuis mai 2019(4). Les taux réels américains et allemands progressaient eux de 31 pdb et 11 pdb. Cette remontée a entraîné la plus forte rotation sectorielle depuis 2003, l’indice EURO STOXX Total Market Value surperformant le marché de 7,0% au cours du mois, et son équivalent “Croissance” (EURO STOXX Total Market Growth) de 12,7%(4). En dépit de ces mouvements, les taux réels américains et allemands n’ont fait que retrouver leur niveau respectif de juin 2020 et 2021.

Début février 2022, les données inflationnistes de part et d’autre de l’Atlantique continuent de surprendre à la hausse (CPI aux États-Unis à 7,3% et CPI en Zone euro à 5,1%(4)). Dans un contexte de croissance économique et d’emploi solides, c’est l’accélération du resserrement des politiques monétaires qui se dessine en ce début d’année, comme l’ont confirmé les récentes déclarations de la BCE et de la Fed. Cette situation inquiète certains investisseurs. En effet, si cette poursuite de la normalisation des taux réels peut impacter encore les valorisations des secteurs de croissance, cette configuration couplée à une économie qui devrait rester robuste nous rend optimistes vis-à-vis de la performance à venir des secteurs Value et ce, malgré la forte surperformance récente.

Profitant de la rotation de style, le fonds a affiché une performance de 0,7% au cours du mois de janvier, surperformant son indice de référence de 4,5%(4). Cette surperformance s’explique pour moitié par la surexposition du fonds aux secteurs cycliques et financiers, et pour moitié par une sélection de titres favorable. S’agissant de l’effet allocation, le biais Value a été primordial, le fonds bénéficiant notamment de la surperformance des deux secteurs auxquels il est le plus exposé, à savoir, l’énergie et les banques (ces deux secteurs terminant en tête de l’indice Euro Stoxx à fin janvier avec, respectivement, +7,1% et +6%(4)). Par ailleurs, la sous-pondération marquée de la technologie, secteur qui affiche le plus fort recul sur le mois (-12,2%(4)), a également contribué à l’effet d’allocation. S’agissant de l’effet de sélection de titres, les valeurs bancaires (Caixabank, Intesa et Société Générale) et les compagnies pétrolières intégrées (TotalEnergies et ENI) ont encore été les principaux moteurs de surperformance.

Parmi les principaux mouvements sur le mois, les tensions sur le sol ukrainien et l’évolution des prix du gaz nous ont conduit à renforcernotre position sur TotalEnergies. Par ailleurs, nous avons également souhaité nous repositionner sur une potentielle reprise de l’activité chinoise, notamment via ArcelorMital et Daimler, alors que des signes d’amélioration se font également sentir sur les chaînes de production automobile. Ce dernier renforcement s’est notamment fait grâce à la cession des actions Daimler Truck que nous avions reçus en décembre 2021 suite au spin off(6) de l’activité. Nous avons également continué d’accroître notre position sur Alstom dont la poursuite du momentum de gains de contrats nous rend confiants sur la capacité du Groupe à générer des liquidités, ce qui reste pourtant la principale inquiétude du marché.

Enfin, concernant le pilier défensif, nous avons finalement cédé notre position dans EDF. Le nouvel arrêt de cinq centrales nucléaires, le plafonnement des tarifs par l’État français et l’évocation d’un possible renforcement du bilan ne nous laissait pas la visibilité nécessaire, tant d’un point de vue opérationnel que financier, pour maintenir cette conviction. Nous avons réalloué la position en partie sur d’autres acteurs des matières première (Veolia, notamment), mais aussi sur le secteur des télécommunications via Orange. Outre une décote historique (45% par rapport aux autres secteurs défensifs(7)), les “télécom” offrent des catalyseurs intéressants, notamment à travers la fin du cycle de Capex(8) qui devrait permettre de redynamiser les flux de trésorerie disponibles, une dynamique de prix permettant d’améliorer les chiffres d’affaires, des restructurations possibles avec l’intérêt de certains fonds (cf. Vodafone) et enfin, une consolidation du secteur.

(1) Federal Open Market Committee est un organe de la Banque centrale américaine en charge des décisions de politiques monétaires.
(2) Positionnement favorable à une politique monétaire moins accommodante pour lutter contre l’inflation.
(3) Indice des prix à la consommation (Consumer Price Index).
(4) Source : Bloomberg, 31/01/2022.
(5) Taux à 10 ans allemand.
(6) Un spin-off ou scission, consiste à créer une nouvelle entité à partir d’une branche d’activité d’un groupe.
(7) Source : JP Morgan, 28/01/2022.
(8) Dépense d’investissement (Capital Expenditure).


Les chiffres cités ont trait aux mois écoulés. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures, et ne sont pas constantes dans le temps.
Performances calculées en euros et nettes dividendes réinvestis. Les informations contenues dans ce document ne constitue pas un conseil en placement, un conseil fiscal, une recommandation ou un conseil en investissement de la part de Rothschild & Co Asset Management Europe.

 

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