Anthony Bailly
Responsable de la Gestion Actions Européennes

Notre approche repose sur une idée simple : notre impact sera plus significatif en accompagnant des acteurs issus de tous les secteurs dans leur transition, y compris les plus émetteurs, plutôt qu’en pratiquant l’exclusion. Toutefois, une telle approche implique de sélectionner uniquement ceux présentant les trajectoires de décarbonation les plus crédibles. Cette approche offre également une flexibilité de gestion importante, nous évitant d’être captif des rotations sectorielles et d’être en capacité de générer de la performance dans différentes configurations de marchés.
Lancé en 2019, R-co 4Change Net Zero Equity Euro est l’un des premiers fonds de transition. Catégorisé article 9 SFDR 1 et labellisé ISR2 , il matérialise notre philosophie mêlant exigence et flexibilité. Pour piloter nos investissements et monitorer l’atteinte de nos objectifs climat, nous avons défini trois leviers d’impact :
• une intensité carbone structurellement inférieure de 20 % à celle de l’indice de référence3,
• une réduction moyenne d’au moins 7 % par an de cette intensité,
• 90 % des sociétés en portefeuille devront avoir fait valider par le service SBTI leur trajectoire d’alignement avec l’Accord de Paris à horizon 2030.
Au delà de ces engagements, sa philosophie de gestion sans biais de style lui permet de naviguer dans des conditions de marchés variées en proposant un positionnement différenciant, voire complémentaire, vis à vis d’une grande partie de l’univers des fonds « climat », souvent thématiques avec un comportement boursier plus binaire.
S’il peut intégrer des secteurs émetteurs dans son portefeuille, R co 4Change Net Zero Equity Euro n’est toutefois pas exclusivement investi dans ces derniers. La transition s’appréhende sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Néanmoins, ce concept extrêmement exigeant nécessite de questionner en permanence les ambitions affichées par les sociétés pour aller au delà des déclarations d’intention. Nous avons ainsi développé une grille de transition appliquée à l’ensemble du portefeuille et que l’on suit année après année. Cet outil constitue pour nous un instrument incontournable d’analyse et d’engagement.
L’engagement va de pair avec une approche de transition. Nous avons donc mis en place une stratégie de dialogue actif sur l’ensemble du portefeuille en privilégiant la qualité à la quantité. Notre prisme est à la fois durable et financier afin de prendre en compte l’ensemble des paramètres des sociétés. Mesurer et comprendre leurs enjeux nous permet d’avoir de l’influence en bâtissant des relations de confiance dans la durée. Et l’engagement nous semble indissociable d’une gestion de conviction qui se caractérise par un portefeuille concentré et un turnover limité.
Cette approche semble porter ses fruits. Depuis son lancement, R co 4Change Net Zero Equity Euro nous a permis d’aller au delà de nos engagements :
• 67 % de sociétés en portefeuille sont actuellement validées par SBTi (contre 21 % en 2019)4
• L’intensité carbone a diminué de plus de 7 % par an4
• Cette même intensité carbone s’affiche à un niveau 49 % inférieure à l’indice de référence3
Dans le même temps, d’autres indicateurs comme les émissions absolues ont baissé de 73 % sur l’ensemble du portefeuille, la température implicite est inférieure à 2 °C et l’alignement taxonomique s’élève à 12,3 % en chiffre d’affaires et 16,9 % en Capex4.
Notre expérience montre que l’essentiel des entreprises dans lesquelles nous investissons maintiennent leur trajectoire. Un cap de maturité a été franchi. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques la transition devient enjeu de compétitivité. Maîtriser ses chaînes d’approvisionnement, avoir accès à une énergie décarbonée à un prix raisonnable, développer des solutions pour y parvenir… ces problématiques deviennent toujours plus stratégiques. L’enjeu climatique s’est mué en enjeu business afin de mieux appréhender les risques et, in fine, d’assurer une meilleure solidité financière.
Cette question dépasse le seul cadre des entreprises. Les problématiques de souveraineté se sont elles aussi renforcées alors que la volatilité des prix de l’énergie, l’électrification croissante des usages et la modernisation des infrastructures imposent des choix politiques forts. Face à cette situation, l’Union européenne entre dans une nouvelle phase d’accélération, portée par des initiatives réglementaires qui, désormais, visent moins à encadrer la transition qu’à en soutenir le déploiement effectif.
Union des marchés de capitaux, Industrial Accelerator Act, Made in Europe, Green Deal, réforme du marché européen de l’électricité… autant de mesures dont l’objectif est de soutenir la transition climatique sans affaiblir la compétitivité européenne. Ces dernières visent à orienter les capitaux vers la transition, produire en Europe ce qui lui sera nécessaire, mais aussi de réduire les incertitudes financières et d’éviter d’être distancés face aux politiques américaine et chinoise, en stimulant l’innovation et en préservant ses avantages concurrentiels.
Si ces dispositifs renforcent les perspectives de la thématique, les besoins de financement dépassent largement les capacités de financement publiques. Le secteur privé a un rôle central à jouer. Des solutions d’investissement comme R-co 4Change Net Zero Equity Euro s’inscrivent en cohérence avec ces ambitions. Et notre niveau d’exigence reste constant, quelles que soient les évolutions de marché ou réglementaires, en nous inscrivant dans les plus hauts standards de l’industrie. En dépit des vents contraires auxquels l’investissement durable peut parfois être exposé, nous sommes convaincus que la transition, lorsqu’elle est abordée avec pragmatisme et discernement, peut constituer un levier puissant de performance durable et financière.