Anthony Bailly
Responsable de la Gestion Actions Européennes

Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues au Moyen-Orient et de regain des frictions commerciales internationales, les marchés ont néanmoins poursuivi leur progression en août. La résilience de la croissance mondiale, l'amélioration des indicateurs d'activité en Europe et une saison de résultats favorable de part et d'autre de l'Atlantique ont permis de compenser les inquiétudes liées à des prix de l'énergie durablement élevés et à des tensions inflationnistes persistantes. Ces dernières ont d'ailleurs conduit le nouveau président de la Réserve fédérale américaine à adopter un ton plus restrictif lors du symposium de Jackson Hole. Malgré un environnement géopolitique et commercial agité ainsi que la poursuite de la hausse des rendements souverains, le MSCI World a progressé de +1,7 %, le S&P 500 de +1,8 % et l'Euro Stoxx 50 de +0,9 %1. En Zone euro, les performances sectorielles ont été influencées à la fois par le contexte macroéconomique et par la saison des publications. La volatilité des marchés a soutenu les services financiers (+5,8 %), tandis que le secteur des médias a progressé de +5,0 %, porté par les excellents résultats opérationnels de Publicis (+9,0 %)1. À l'inverse, la distribution alimentaire a reculé de -4,7 %, pénalisée par la faiblesse d'Ahold Delhaize aux États-Unis, tandis que la remontée des taux a continué de peser sur le secteur immobilier (-7,1 %)1.
Sur la Zone euro, le style Croissance10 a progressé de +1,6 % contre +0,4 %1 pour le style Value11, porté notamment par le rebond des valeurs exposées à la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle en début de mois. La prime de valorisation du style Croissance par rapport au style Value s'est ainsi accrue, passant de 62 % à 65 %1. Nous continuons néanmoins de considérer cette prime comme excessivement élevée au regard du changement de régime de taux observé depuis 2022. Dans un contexte marqué par des besoins d'investissement importants et des déficits publics élevés, nous estimons que les taux devraient demeurer durablement élevés. Dès lors, le mouvement de normalisation des écarts de valorisation entre les styles Croissance et Value entamé depuis fin 2022 devrait se poursuivre, constituant un soutien fondamental pour le style Value.
Le fonds R-co Conviction Equity Value Euro (Part C EUR) a progressé de +1,0 % sur le mois3. Si l’effet d’allocation a été pénalisant, notamment en raison de la surperformance du style Croissance, la sélection de titres a plus que compensé ce vent contraire. Comme en juillet, notre positionnement sur les « IA contrariantes » est resté un important moteur de performance, porté notamment par SAP (+21,1 %) et Publicis (+9,0 %)1. Plus largement, la saison des résultats s’est révélée solide pour l’ensemble des sociétés en portefeuille, contribuant positivement à la sélection de titres. Cette bonne tenue a permis de compenser les inquiétudes suscitées par les perspectives électorales en France, qui ont pesé sur Société Générale (-10,6 %)1. Nous rappelons à cet égard que, malgré la sous-performance du marché français et des niveaux de valorisation attractifs, notre exposition à la France demeure neutre depuis plus d’un an. Sur le plan des mouvements de portefeuille, nous avons allégé notre position sur ArcelorMittal, estimant qu’une poursuite de la hausse des prix de l’acier, nécessaire pour prolonger la performance exceptionnelle du titre depuis le début de l’année (+65 %)1, serait désormais moins évidente. Nous avons également pris une partie de nos bénéfices sur certaines valeurs « IA contrariantes » après leur fort rebond estival. Ces arbitrages nous ont permis de renforcer plusieurs positions dont la performance récente a été plus décevante, malgré des fondamentaux toujours solides et des valorisations attractives, à l’image de Ryanair, KPN ou encore Orange.
Malgré le regain de tensions observé récemment, notre scénario central demeure celui d’un environnement géopolitique globalement maîtrisé à l’approche des élections américaines de mi-mandat, ainsi que d'une tension sur les prix de l'énergie qui n'entrave pas la forte résilience de l'économie de la Zone euro. Bien qu’encore confrontée à des défis politiques et géopolitiques majeurs, la redynamisation de l’économie européenne semble progressivement se matérialiser, comme en témoignent l’amélioration des indicateurs avancés et la bonne dynamique bénéficiaire observée lors de la dernière saison de résultats. Pour ce second semestre 2026, le portefeuille reste ainsi positionné pour bénéficier d’une reprise graduelle du cycle industriel européen, dont les plans d’investissement engagés dans la région constituent un soutien croissant.