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Bilan 2020 & Perspectives 2021 | Stratégie d'investissement

Stratégie  —  11/12/2020
Temps de lecture : 2mn

 

Que ce soit au plan sanitaire ou économique, 2020 a bouleversé nos schémas de pensée. Mais comme les marchés l’ont rapidement intégré, il faut regarder “au-delà de la vallée”.

 

La crise sanitaire a remis en question de nombreuses croyances établies. En ce qui concerne les mécanismes économiques, ont aura notamment identifié :

  •  L’impact marginal sur le revenu des ménages, malgré une baisse de la richesse produite de l’ordre de 5% aux États-Unis et de 8 % en Europe (1), grâce aux transferts des États ;

  • Une baisse des taux d’État, en dépit d’une augmentation des dettes publiques d’environ20 points de PIB (1), de part et d’autre de l’Atlantique.

Bien évidemment, ceci s’explique par la réponse historique des États et des autorités monétaires.

Les États, en protégeant les revenus, laissent entrevoir une consommation future et la baisse des taux permet de valoriser davantage des bénéfices reportés. Ce regard “au-dessus de la vallée” est à l’origine du bon comportement des marchés qui ont effacé les pertes du deuxième trimestre avec une certaine rapidité, en finissant l’année au plus haut historique tant sur les actions (MSCI Monde) que sur les obligations (JPM Global Bonds).

Dès lors les yeux se tournent vers 2021  

Une fois encore, c’est l’évolution des taux d’intérêt qui sera déterminante. En effet, les marchés peuvent patienter pour attendre le redressement des bénéfices en lien avec le rebond de l’économie une fois la crise sanitaire passée, d’autant plus efficacement que les vaccins seront déployés.

Sur la base des estimations des économistes, le rebond des économies permettrait de retrouver le niveau d’activité de 2019 dès 2021 aux États-Unis et en 2022 en Europe. Les bénéfices des entreprises des principaux indices suivraient le même profil avec une forme en “V” beaucoup plus prononcée en Europe qu’aux États-Unis en raison, d’une part, de l’amplitude du cycle et, d’autre part,de la composition sectorielle.

La hausse des marchés laisserait apparaître des niveaux de la valorisation plus élevés que la moyenne des cinq dernières années tout en préservant des primes de risque significatives, en comparaison des taux souverains.

Dès lors, nous comprenons bien que le mouvement de rattrapage des actifs (actions en retard et obligations High Yield (2) peut se poursuivre tant que l’optimisme des investisseurs ne vient pas tendre les taux longs, notamment aux États-Unis, et par effet de contagion sur les autres zones, entraver l’action des banques centrales. En supposant, bien évidemment, que nous ayons surmonté la crise sanitaire. Une fois ce mouvement de réajustement opéré, le potentiel d’appréciation serait limité par la perte de croissance nominale potentielle à moyen terme et le comblement de la décote actuelle des actifs à revenus variables.

Sauf à considérer que la crise, en accélérant le processus de “digitalisation” de l’économie, permettra enfin d’améliorer la productivité des facteurs de production et donc, le potentiel de croissance. ■

Achevé de rédiger le 1er décembre 2020

 

 (1) Source : OCDE, novembre 2020

(2) Obligations présentant un risque crédit élevé. Leur notation financière est inférieure à BBB - selon l’échelle de Standard & Poor’s.