Anthony Bailly
Responsable de la Gestion Actions Européennes

Les marchés actions ont progressé en août, soutenus par des résultats d’entreprises globalement positifs et un regain d’optimisme quant à une politique monétaire américaine potentiellement moins restrictive, à la suite du symposium de Jackson Hole. Par ailleurs en Europe, la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky a nourri l’espoir d’une possible stabilisation du conflit en Ukraine. En fin de mois, toutefois, le retour de l’instabilité politique en France et aux Pays-Bas a ravivé les tensions sur les marchés européens, limitant leur performance. Au final, l’Eurostoxx a clôturé le mois en légère progression de +0,3%1, surperformant légèrement l'indice MSCI World qui enregistrait lui une progression de +0.2%1 en €. Les valeurs américaines du S&P500, pénalisées par une nouvelle baisse du dollar, étaient en recul de -0.4% en € (Vs +2,0% en $)1.
La conjoncture du mois a particulièrement soutenu les secteurs cycliques et exportateurs comme les matières premières +7,4%, l’automobile +4,9% et les biens de consommation +2,5%1. À l’inverse, les médias (-5,1 %)1 ont prolongé leur sous-performance, pénalisés notamment par l'avertissement sur résultat de CTS Eventim (-19,4 %)1. Le secteur de la construction reculait lui de -3,2%1, en partie affecté par la réémergence de l‘instabilité politique en France et de la crainte de taxation et nationalisation des autoroutes. Eiffage et Vinci ont ainsi perdu respectivement de -8,6% et -4,7%1.
Côté styles de gestion, la Value2 a de nouveau surperformé le marché avec une progression de +1,8 %1, tandis que la Croissance3 a sous-performé avec un recul de -1,0%1. Cela porte la surperformance de la Value sur la Croissance de +19,5 points depuis le début de l'année. Malgré cette sous-performance de la croissance, la prime de valorisation de la Croissance sur la Value s’est maintenue à 84 % sur le mois. Cette prime reste toujours largement supérieure aux niveaux pré-Covid (~65 %)1, ce qui ne peut selon nous ni se justifier par l'évolution des fondamentaux (les bénéfices par action), ni par l'évolution des taux d'intérêt.
Le fonds R-co Conviction Equity Value Euro a progressé de +1,2 % sur le mois4, surperformant son indice de référence (Euro Stoxx) de 91 points de base. Cette surperformance s’explique aux deux tiers par un effet de sélection de titres positif, notamment dans le secteur des biens industriels où notre détention de Siemens (+5.2 %)1 était favorable alors que l’entreprise allemande profitait de spéculations sur la baisse de sa participation dans Siemens Healthineer. Cet effet positif était accentué par le recul de poids lourds du secteur industriel comme Schneider (-8.0 %)1 ainsi que l’ensemble des valeurs de défense, en repli sur des espoirs d’un cessez-le-feu en Ukraine. Nos convictions dans le secteur de la santé ont également contribué positivement à la performance du fonds, avec les progressions de Sanofi (+7,2 %) et Fresenius (+11,0 %) au sein d’un secteur où la hausse plus mesurée (+2,4%)1. Le reste de la surperformance provient d’un effet d’allocation positif, en partie expliqué par notre sous-exposition au secteur technologique : le secteur souffrait du recul des valeurs de logiciels (Dassault Systèmes -7,9 % et SAP -7,6 %)1, affectées par les potentielles menaces de l’intelligence artificielle sur ce sous segment.
S'agissant spécifiquement de la France, nous partageons depuis un moment le constat que le pays se trouve dans une situation budgétaire et politique difficile. Depuis la dissolution de 2024, nous avons donc veillé à réduire notre surexposition à cette zone, passée de 12.6 à 5.8 %4. Malgré les incertitudes actuelles, nous restons convaincus que le vrai rendez-vous sera celui des élections en 2027 et avons pour stratégie de poursuivre notre trajectoire de réduction d'ici-là.
Au-delà de ce cas spécifique, nous restons persuadés que la redynamisation de la zone euro est en cours, comme en témoigne l'évolution des derniers PMI manufacturiers. Cette redynamisation la rend particulièrement attractive étant donné sa valorisation très raisonnable comparée à celle des États-Unis. Au sein de la zone, nous restons convaincus que le style Value doit poursuivre sa surperformance, aidé à la fois par un environnement de taux bien plus favorable que durant la période pré-pandémique, mais aussi par la relance macroéconomique qui viendra soutenir des secteurs cycliques Notre portefeuille continue de se positionner pour bénéficier de cet environnement porteur.