Anthony Bailly
Responsable de la Gestion Actions Européennes

Entre l’introduction de nouvelles taxes visant le Brésil, l’Inde ou le cuivre, et les négociations d’accords commerciaux avec l’Union européenne, le Japon et le Vietnam, le mois de juillet a une nouvelle fois été animé par la thématique des tariffs chère à Donald Trump. Les marchés actions ont également évolué au rythme de la saison de publication du deuxième trimestre avec des résultats de bonne facture outre-Atlantique, et plus mitigés en Europe où l'appréciation de l'Euro a notamment pesé sur les chiffres des exportateurs. Dans ce contexte, l’indice MSCI World a enregistré une progression de +4,3 % sur le mois, porté notamment par la surperformance du S&P 500, en hausse de +5,3 %, tandis que Eurostoxx ne progressait lui que de +1 % 11.
La conjoncture du mois a soutenu le secteur bancaire (+9,3 %)11, qui profitait de son biais domestique, de la résilience des taux et de résultats de nouveau bien orientés. Suivait dans les performances le secteur de la Santé qui progressait de +5,0 %11 grâce à de bonnes publications (Grifols, Argenx, UCB, Philips, EssilorLuxottica). À l’inverse, les médias (-9,2 %) ont souffert du net recul de Publicis (-12,9 %) et des incertitudes économiques soulignées par le groupe malgré de très bons chiffres sur le trimestre 11. C'est cette même prudence qui a causé le recul du secteur de la technologie (-5,3 %), notamment pour toute la sphère des semi-conducteurs 11.
Côté styles de gestion, la Value 12 a progressé de +2,6 %, surperformant le marché de 160 points de base, tandis que la Croissance 13 a sous-performé avec un recul de -0,6 % 11. Cela porte la surperformance de la Value sur la Croissance de +16,3 points depuis le début de l'année 11. La prime de valorisation de la Croissance sur la Value a diminué de 92 à 84 % sur le mois ; elle reste cependant bien au-dessus des niveaux pré-Covid (~65 %) 11.
Le fonds R-co Conviction Equity Value Euro a progressé de +1,3 % sur le mois 14, surperformant son indice de référence (Euro Stoxx) de 32 points de base. Cette surperformance s’explique aux deux tiers par un effet d’allocation positif, lié notamment à la surpondération du secteur bancaire et à la sous-exposition au secteur de la technologie. La sélection de titres contribuait également positivement à cette surperformance. Nous noterons notamment : i/ la forte progression de Forvia (+30,5 %) 11, aidé par l'amélioration de sa profitabilité et de sa génération de cash, ainsi que par de nouvelles mesures de réductions de coûts ii/ La poursuite de la progression de la Société Générale (+15,3 % sur le mois, 110,7 % depuis le début de l'année)11, qui relevait ses objectifs de rentabilité pour 2025 et annonçait un nouveau programme de rachat d’actions. Au rayon des déceptions, Sanofi (-4,1 %) 11 peinait à convaincre les investisseurs notamment en raison de l'augmentation de ses dépenses de recherche et développement.
Au cours du mois, nous avons introduit CTP dans le portefeuille. Exposée à la thématique du « near-shoring15» en Europe de l’est, cette société d'immobilier logistique devrait bénéficier de la redynamisation économique de la Zone euro. Ne souhaitant pas accentuer notre surexposition au secteur de l'immobilier, nous avons constitué cette position en l'arbitrant avec Gecina, dont les perspectives de croissance nous semblaient moins évidentes à court terme. Nous avons également initié une position dans PUIG, entreprise familiale de beauté et de parfumerie. Positionnée sur un segment en croissance et toujours en cours de premiumisation, le groupe est porté par l’attractivité de ses marques et se négocie à une décote de près de 50 % 11 face à L'Oréal, leader du secteur.
La dissipation des incertitudes liées aux politiques tarifaires devrait redonner de la lisibilité sur le cycle économique, comme en témoigne les récentes révisions à la hausse de croissance par le FMI. La Zone euro devrait commencer à bénéficier dans les trimestres à venir des premiers effets des plans d'infrastructure allemands. Cette redynamisation la rend particulièrement attractive étant donné sa valorisation très raisonnable comparée à celle des États-Unis. Au sein de la zone, nous restons convaincus que le style Value doit poursuivre sa surperformance, aidé à la fois par un environnement de taux bien plus favorable que durant la période pré-pandémique, mais aussi par la relance macroéconomique qui viendra soutenir des secteurs cycliques encore sous-valorisés. Notre portefeuille continue de se positionner pour bénéficier de cet environnement porteur.