Anthony Bailly
Responsable de la Gestion Actions Européennes

Les marchés mondiaux ont été marqués par de nombreux sujets au cours du mois de novembre, au rang desquels la fin du shutdown aux États-Unis, les craintes d'une bulle spéculative sur l'Intelligence Artificielle, la volatilité autour des attentes de baisse de taux de la FED, et en fin de mois de nouveaux espoirs sur la résolution du conflit en Ukraine. Si la nervosité autour de l'IA a finalement pénalisé le marché américain, avec un S&P 500 en recul de -0.4%1 , ce qui pénalisait inévitablement le MSCI World (-0.3%)1 , l'aspect géopolitique européen a permis à la Zone euro de surperformer avec une progression de +0.4%1.
Ce contexte géopolitique sur le vieux continent a favorisé la construction (+6.4%) et les matières premières (+6.1%) et pénalisé les biens et services industriels (-5,6 %), impactés par la baisse des valeurs de défense (Rheinmetall -13%)1. Le secteur technologique (-4.1%)1 souffrait lui de toutes les incertitudes liées à l'Intelligence Artificielle.
En termes de style de gestion, le mois de novembre favorisait largement le style Value2, qui progressait de +2,6 % contre un repli de -2 %1 pour le style Croissance3. La surperformance de la Value sur la Croissance s'accroissait donc sur le mois pour revenir proche de 20 points depuis le début de l'année1. La prime de valorisation de la Croissance par rapport à la Value s’abaissait donc de 84 à 78 % et continuait de suivre la trajectoire de normalisation entamée depuis octobre 20221. Cette normalisation doit selon nous se poursuivre étant donné i/ l'environnement de taux élevé et amené à durer ii/ la redynamisation de l'économie européenne qui semble se profiler et qui doit profiter aux secteurs financiers et industriels.
Le fonds R-co Conviction Equity Value Euro profitait de ce biais de style (+1,0 %), et surperformait son indice de référence de 67 points de base sur le mois4. Notre sous-pondération sur la technologie et la défense était bien évidemment favorable à un effet d'allocation, principal contributaire à la surperformance du mois. L'effet de sélection était quant à lui neutre avec de fortes contributions positives (Wienerberger +14.7%, DHL +12.6%, Société Générale +8.9%, mais aussi quelques déceptions (Wolters Kluwer -13.8%, EDPR -9.5%)4.
Au cours du mois, nous avons poursuivi notre mouvement de réduction d'exposition à la France en soldant notre position dans BNP Paribas, position que nous avions déjà neutralisée il y a environ 2 mois. Notre confiance dans le management de la première banque française reste réduite et nous avons préféré réallouer cette position sur l'ensemble de nos autres valeurs bancaires. Nous continuons de considérer le secteur comme le plus attractif étant donné son faible niveau de valorisation, notre vue constructive sur l'économie européenne, et l'environnement de taux extrêmement favorable à son business model (taux élevés et pentification de la courbe). Nous avons par ailleurs effectué quelques arbitrages partiels afin d'écrêter certaines positions ayant surperformé récemment (RWE, Ryanair), pour renforcer certaines convictions sur des faiblesses que nous estimions ponctuelles (Technip Energies, Kerry Group).
Les investissements liés aux projets d’infrastructure en Allemagne et au réarmement européen devraient générer un cercle vertueux pour l’ensemble de la région. L’adoption du budget allemand 2026, le 28 novembre dernier renforce notre conviction quant à cette dynamique. Dans ce contexte, la Zone euro constitue une opportunité de diversification attractive au sein des marchés actions. Elle bénéficie d’une tendance macroéconomique orientée vers la réaccélération, d’un niveau de concentration nettement inférieur à celui des États-Unis, de valorisations encore très raisonnables et d’une protection naturelle face à un éventuel affaiblissement du dollar. Notre portefeuille est structuré pour tirer parti de ces facteurs favorables et accompagner cette phase de redynamisation.